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Info Prévention Santé : la dépendance à l'alcool

30 Jan

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Bon à savoir

Souvent perçue comme une question relevant de la responsabilité individuelle, la consommation d’alcool constitue en réalité un enjeu majeur de santé publique étroitement lié aux contextes sociaux, culturels et environnementaux dans lesquels elle s’inscrit. En Belgique, l’alcool occupe une place centrale dans les pratiques sociales, festives et conviviales, ce qui contribue à la normalisation de sa consommation et à la minimisation de ses risques pour la santé.

L’alcool est une substance psychoactive toxique et addictive, associée à de nombreux effets néfastes sur la santé physique et mentale. Historiquement, et parfois encore utilisé dans certaines recommandations, l’OMS proposait des repères de consommation dite « à moindre risque » :

  • Hommes adultes : jusqu’à 3 verres standard par jour (max. 21 verres/semaine).
  • Femmes adultes : jusqu’à 2 verres standard par jour (maximum 14 verres par semaine).
  • Repos : au moins 2 jours sans consommation par semaine, et jamais plus de 4 verres standard en une seule occasion.

Cependant, les évidences récentes montrent qu’il n’existe pas de niveau de consommation d’alcool sans risque pour la santé, des effets délétères pouvant apparaître dès de faibles niveaux de consommation.

 

Inégalités socio-sanitaires

Les impacts sanitaires et sociaux de la consommation d’alcool sont socialement inégalitaires : même si les personnes à statut socio-économique défavorisé ne boivent pas nécessairement plus d’alcool en moyenne que les plus aisés, elles souffrent beaucoup plus des dommages sanitaires liés à l’alcool (hospitalisations, maladies graves, décès). Ce phénomène est appelé le “Alcohol Harm Paradox”.

En Belgique, cela a conduit à l’adoption en 2023 d’une stratégie interfédérale fondée sur la promotion de la santé et les déterminants sociaux. A Bruxelles, ces enjeux prennent place dans un contexte urbain marqué par d’importantes inégalités sociales de santé.

 

Quelques chiffres

En Belgique, près de 8 personnes sur 10 âgées de 15 ans et plus ont déclaré avoir consommé de l’alcool au cours des 12 derniers mois. Un adulte sur cinq présente une consommation considérée comme à risque selon les recommandations internationales.

Chez les jeunes adultes, la consommation d’alcool reste particulièrement élevée, notamment dans des contextes festifs et collectifs. Par ailleurs, la consommation excessive ponctuelle, appelée « binge drinking », concerne environ 10 % de la population adulte.

 

Alcool et santé : des impacts multiples

La consommation d’alcool est associée à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires, dont l’hypertension artérielle et les accidents vasculaires cérébraux. Elle constitue également un facteur de risque majeur de maladies hépatiques (stéatose, hépatite, cirrhose). L’alcool est reconnu comme cancérogène pour l’humain et sa consommation est également associée à des troubles de santé mentale, tels que la dépression, l’anxiété et les troubles liés à l’usage de substances.

Au-delà des impacts individuels, la consommation d’alcool contribue à des dommages sociaux importants, tels que les accidents de la route, les violences, les difficultés professionnelles et familiales.

 

Une approche globale de la consommation : au-delà des comportements individuels

Les connaissances scientifiques récentes invitent à réinterroger la notion de consommation d’alcool dite modérée. Les messages centrés sur une consommation responsable peuvent être utiles, mais lorsqu’ils se focalisent uniquement sur les comportements individuels, ils tendent à sous-estimer le rôle des facteurs sociaux, économiques et environnementaux qui influencent les usages d’alcool.

La consommation d’alcool est fortement influencée par des déterminants structurels, tels que la disponibilité des boissons alcoolisées, leur accessibilité économique et les stratégies de marketing des producteurs. Dans cette perspective, la promotion de la santé vise à agir à la fois sur les comportements et sur les environnements de vie ; les stratégies de prévention les plus efficaces combinent des interventions individuelles et des actions structurelles, dans un contexte marqué par des inégalités sociales de santé.

 

Rôles des professionnel·les

Les professionnel·les de première ligne jouent un rôle central dans le repérage précoce des consommations d’alcool à risque, notamment à travers leurs contacts habituels avec les bénéficiaires. Une prévention efficace repose sur la dénormalisation de la consommation d’alcool, sur la prise en compte des réalités sociales, culturelles et économiques afin d’adapter les messages et les modalités d’intervention, et sur le travail en réseau entre les secteurs de la santé, du social et de la promotion de la santé pour orienter vers des ressources appropriées. Cette approche coordonnée à l’échelle locale constitue un levier essentiel pour renforcer la cohérence des actions et contribuer à la réduction des inégalités sociales liées à l’alcool.