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Info Prévention Santé : la tuberculose

27 Mar

Bon à savoir

Une maladie infectieuse toujours d’actualité…

Certaines personnes la pensent peut-être disparue de nos pays occidentaux, mais elle reste bien présente, en particulier dans les grandes villes comme Bruxelles. La tuberculose demeure aujourd’hui la maladie infectieuse la plus meurtrière dans le monde.
La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible causée par Mycobacterium tuberculosis. Elle touche principalement les poumons mais peut également être extra-pulmonaire (ganglions, os, reins, etc.). La transmission est essentiellement aérienne par des microgouttelettes, favorisée dans les lieux clos et mal ventilés.
On distingue :
– L’infection tuberculeuse latente : la personne est infectée mais ne présente pas de symptômes et n’est pas contagieuse. Un traitement préventif peut réduire le risque d’évolution vers une tuberculose maladie.
– La tuberculose maladie : forme active pouvant être contagieuse lorsqu’elle est pulmonaire, nécessitant un traitement complet et un suivi prolongé.

 

Quelques chiffres…

En Belgique, l’incidence est supérieure à celle des pays qui l’entourent. Avec 850 à 950 cas/an dont environ 280 rien qu’en Région bruxelloise, cela représente l’incidence la plus élevée du pays. La majorité des cas sont identifiés à la suite de symptômes (dépistage passif).
La Belgique est un pays à faible incidence, mais certaines zones urbaines concentrent davantage de situations à risque. Cette réalité impose une vigilance adaptée et un renforcement des dispositifs de proximité, en particulier dans les quartiers marqués par de fortes inégalités sociales.

 

Points d’attention pour les professionnel·les

 

Une maladie étroitement liée aux déterminants sociaux …

La tuberculose est une maladie sociale et touche souvent les plus vulnérables. Son apparition, son diagnostic et son évolution sont fortement influencés par les conditions de vie.
Dans les grandes villes, où la paupérisation et les inégalités sociales sont plus marquées, la tuberculose est nettement plus fréquente que dans le reste du pays. En Région bruxelloise, plusieurs déterminants sociaux de la santé jouent un rôle majeur : précarité socio-économique, logements surpeuplés ou insalubres, instabilité résidentielle (sans-abrisme, hébergement temporaire), barrières linguistiques et administratives, accès tardif aux soins, cumul de vulnérabilités (santé mentale, assuétudes, isolement). Les dynamiques migratoires et la précarisation croissante de certains publics peuvent également compliquer l’accès aux soins et le suivi, rendant le contrôle de la tuberculose plus complexe.

Ces facteurs ne se limitent pas à augmenter le risque d’exposition, ils influencent également le délai de consultation, la compréhension du traitement, l’adhésion thérapeutique et la continuité du suivi.
Dans une approche de promotion de la santé, la tuberculose révèle et reflète les inégalités sociales de santé existantes. La lutte contre la tuberculose ne peut se limiter à une réponse médicale, elle nécessite un travail intersectoriel mobilisant les acteurs du social, du logement, de la première ligne de soins et du tissu associatif. Cela implique également de renforcer la coordination locale, d’améliorer la circulation de l’information, de développer des outils adaptés aux réalités multiculturelles bruxelloises et de soutenir les dispositifs de proximité capables d’atteindre les publics les plus éloignés des soins. Une approche globale et territorialisée est essentielle pour réduire durablement les inégalités face à cette maladie.

 

Repérage : la précocité est importante…

L’enjeu pour les professionnel·le·s social-santé n’est pas de poser un diagnostic médical, mais de repérer précocement et d’orienter rapidement les personnes présentant des symptômes à risque.
Les symptômes suivants peuvent être évocateurs de tuberculose :

  • Toux persistante (durant plus de 3 semaines), parfois accompagnée de crachats de sang.
  • Fatigue et faiblesse générale.
  • Fièvre.
  • Sueurs nocturnes abondantes.
  • Perte de poids inexpliquée.
  • Perte d’appétit

Être plus attentif surtout en cas de vie en collectivité, et/ou contact étroit avec un cas confirmé et/ou en face d’une personne immunodéprimée. Le repérage précoce contribue à limiter la transmission et à réduire les complications.
Mais au-delà du repérage des symptômes, le rôle du secteur social-santé est déterminant pour réduire les délais de recours aux soins, accompagner vers les services compétents, lever les obstacles pratiques (prise de rendez-vous, interprétariat, coordination avec CPAS ou structures d’hébergement), maintenir le lien avec la personne tout au long du parcours et soutenir la compréhension des étapes du diagnostic et du traitement.

 

Réseau bruxellois de prévention et de prise en charge de la tuberculose…

Dans la région bruxelloise, le FARES (Fonds des Affections Respiratoires) et la Respiratoire Gezondheid (anciennement VRGT) jouent un rôle central dans la surveillance épidémiologique, le dépistage des contacts, la socio-prophylaxie, l’accompagnement des patient·e·s et le soutien aux professionnel·le·s. Pour toute question ou en cas de doute, prenez directement contact avec eux.
La tuberculose fait partie des maladies à déclaration obligatoire par tout médecin et tout laboratoire. Cette déclaration permet l’organisation rapide du suivi des contacts et des mesures de santé publique, la démarche à suivre est expliquée ici.

 

On peut guérir de la tuberculose mais le traitement est long …

D’où l’intérêt d’un accompagnement médicopsychosocial adapté pour favoriser la compliance au traitement et éviter des résistances aux antituberculeux. La durée du traitement constitue un vrai défi, en particulier pour les personnes en situation de vulnérabilité, le traitement standard dure au moins 6 mois, pouvant aller jusqu’à 2 ans en cas de tuberculose multirésistante.
L’adhésion au traitement nécessite une compréhension claire des enjeux, une relation de confiance avec les soignant·e·s et l’absence de barrières financières ou administratives.
En Belgique, les médicaments antituberculeux sont remboursés. Le dispositif BELTA-TBnet, financé par l’INAMI (Institut national d’assurance maladie-invalidité), garantit l’accès au diagnostic et au traitement lorsque les mécanismes classiques de remboursement sont insuffisants. Il s’adresse aux personnes sans couverture sociale ou en situation administrative précaire. Les mutualités peuvent également intervenir dans le cadre de l’assurance « maladie grave », selon les modalités propres à chaque organisme. Des informations complémentaires sont disponibles dans le focus Accessibilité financière aux soins de santé – dans le cadre de l’assurance obligatoire.

 

Approche en promotion de la santé comme leviers …

La prévention de la tuberculose s’inscrit dans une stratégie globale de réduction des inégalités sociales de santé.
Plusieurs leviers peuvent être mobilisés :

  • améliorer l’accès aux soins (inscription chez un·e médecin généraliste, soutien administratif, orientation adaptée)
  • renforcer la littératie en santé (explications simples, déconstruction des idées reçues, clarification de la notion de contagiosité)
  • soutenir la continuité des soins (rappels de rendez-vous, coordination entre intervenant·e·s, travail en réseau)
  • prévenir la stigmatisation en adoptant une posture non jugeante et en rappelant qu’il s’agit d’une maladie qui se soigne.
  • Le renforcement des compétences des équipes de première ligne, la formation continue et le partage de pratiques entre secteurs constituent également des leviers importants pour améliorer la réponse collective face à la tuberculose.

Collectivité et hébergement collectif…

Dans les lieux d’hébergement collectif, la suspicion d’un cas peut générer inquiétude et tensions. Il faudrait éviter toute communication alarmiste, préserver la confidentialité et contacter rapidement le Fares ou Respiratoire Gezondheid afin d’organiser un tracing contact conformément aux procédures en vigueur.
Les situations de précarité (logement, énergie, instabilité administrative, migration) peuvent fragiliser l’accès aux soins et la continuité du suivi. La vigilance reste donc de mise: repérage précoce, orientation rapide, accessibilité effective des soins et coordination entre acteurs locaux sont essentiels pour prévenir les ruptures de prise en charge et limiter tout risque de recrudescence.