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Mars Bleu 2026 : à la rencontre de Scherdemael & Bizet-Roue-CERIA

12 Mai

Chaque année en Belgique, des milliers de nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués. Pourtant, lorsqu’il est détecté précocement, ce cancer se soigne bien. Malgré cela, la participation au dépistage (simple, gratuit et indolore) reste faible et ce particulièrement à Bruxelles où seuls 30,2 % du public cible y participent. À titre de comparaison, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit comme objectif le double de participation.

En mars 2026, les CPPS (chargé·es de projets en prévention et promotion de la santé) avaient ciblé le quartier social-santé CO-CW-15 (Scherdemael et Bizet-Roue-CERIA) à Anderlecht pour y déployer des actions de sensibilisation à l’importance et aux modalités du dépistage du cancer colorectal via le colotest. Ce quartier avait notamment pour spécificité de présenter sur son territoire une grande proportion d’habitant·es ciblé·es par la campagne. Le colotest gratuit s’adresse aux Bruxellois·es âgé·es de 50 à 74 ans et en ordre de mutuelle. Cette campagne s’est inscrite au niveau du Bassin, en continuité de la campagne de prévention régionale portée par Vivalis et BruPrev.

Si vous souhaitez obtenir davantage d’informations sur les différentes actions menées durant ce mois de sensibilisation, nous vous invitons à consulter l’article de présentation de la campagne.

 

Durant le mois de campagne, les CPPS ont eu l’occasion de rencontrer et discuter avec un public multiculturel de tous les âges. La majorité des personnes était curieuse et interpelée et s’est montrée très ouverte à la discussion, alors même que le sujet reste délicat, intime et loin d’être facile à aborder. Malgré cela, ce sont les relais indirects d’information (des personnes proches du public cible) qui restaient les plus sensibles à cette campagne. Ils ont posé davantage de questions et sont souvent restés plus longtemps en interaction avec les CPPS. En outre, les personnes âgées de moins de 50 ans et de plus de 74 ans se demandaient souvent pourquoi elles ne pouvaient pas bénéficier du dépistage via le colotest. Elles ont été informées des critères de santé publique à ce sujet et ont été réorientées vers leur médecin généraliste pour discuter de la pertinence d’éventuels examens médicaux si estimé nécessaire par le·la professionnel·le (analyse de selles et/ou colo(no)scopie).

Avec le public cible, plusieurs freins au dépistage ont été rencontrés :

  • la peur d’obtenir un résultat positif,
  • la charge mentale de devoir se rendre à la pharmacie, réaliser le test chez soi, puis poster l’échantillon de selles dans une boite postale,
  • la gêne liée à la manipulation de selles,
  • la confusion entre colotest en colo(no)scopie,
  • la croyance que “ça n’arrive qu’aux autres”,
  • la fatalité,
  • la difficulté d’oser parler d’un cancer mortel…

Face à ces craintes exprimées, les CPPS ont adopté une posture d’écoute active puis transmis des informations factuelles et objectives. Détecté tôt, ce cancer se soigne très bien, avec un taux de survie à 5 ans supérieur à 90%. Concrètement, le test permet, dans un premier temps, d’identifier la présence ou l’absence de saignement dans les selles. Toutefois, la présence de sang ne signifie pas nécessairement un cancer ; elle peut être liée à d’autres causes. Dans ce cas, les personnes sont invitées à réaliser des examens complémentaires afin de préciser le diagnostic.

En outre, la population et les professionnel·les du terrain présentaient généralement une méconnaissance du programme. Afin d’en favoriser la diffusion et de faciliter la compréhension face à une grande diversité linguistique, des brochures explicatives en 8 langues (FR, NL, EN, ES, AR, TR, RO et BG) — réalisées par BruPrev — ont été distribuées. Elles se sont révélées cruciales pour sensibiliser un public ne maîtrisant pas bien les langues nationales. À l’avenir, des supports davantage imagés seraient utiles, car plus facilement appréhendables, quel que soit le niveau de littératie en santé. Nous pensons également qu’il serait pertinent d’envisager une diffusion plus large auprès du grand public, en parallèle de nos activités de terrain (publicité aux arrêts de bus et de métro, spots radio, publications et campagnes sur les réseaux sociaux et articles de presse, etc.), afin d’augmenter l’impact. Concernant les professionnel·les, un webinaire a été proposé dans le but de les informer de la campagne et du programme de dépistage. Pour cette édition, la participation n’était pas représentative de l’ensemble des acteurs du territoire. Il sera alors primordial pour les prochaines éditions de trouver d’autres manières de sensibiliser les acteurs de terrain pour les futures campagnes.

Lors des sensibilisations menées dans le quartier Scherdemael et Bizet-Roue-CERIA, ont également été abordées des questions de santé globale, des facteurs protecteurs (une activité physique régulière et une alimentation riche en fibres) et aggravants (surpoids, alcool et tabac) en faisant attention à éviter la stigmatisation des modes de vie des interlocuteurs avec le risque de culpabilisation. Globalement, les participant·es n’étaient pas surpris de ces informations, ce qui constitue un signal plutôt positif. Sachant qu’une grande partie des risques de développer un cancer reste inconnue, l’accent a été mis davantage sur le dépistage précoce que sur l’adoption d’une meilleure hygiène de vie.

 

L’année prochaine, en 2027, l’équipe de soutien et d’appui du Bassin Centre-Ouest poursuivra cette campagne en l’adaptant selon les enseignements tirés en 2026. Une attention particulière devra certainement être portée à l’adaptation des outils pour les publics ne sachant ni lire ni écrire, un volet travaillé avec les acteurs compétents pour la création de tels supports). Il est également envisagé de renforcer et d’élargir la diffusion de la campagne auprès des acteur·rices du social-santé du bassin afin d’être coordonnés en mars et de relayer les mêmes messages auprès des bénéficiaires. De cette manière, ensemble avec les acteur·rices du Bassin Centre-Ouest, l’impact de la campagne de dépistage du cancer colorectal sera consolidé, ce qui devrait contribuer à augmenter la participation.

Un dernier message important : bien que la campagne se soit déroulée en mars, le colotest reste disponible toute l’année pour le public cible. Il suffit de se rendre en pharmacie muni de son numéro de registre national.

Contactez-nous si vous souhaitez prendre part à l’édition 2027 :
Mail : info@bassin-centre-ouest.brussels
Téléphone : +32 2 880 29 87