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Mars Bleu 2026 : à la rencontre de Scherdemael & Bizet-Roue-CERIA

27 Avr

Mars Bleu 2026 : à la rencontre de Scherdemael & Bizet-Roue-CERIA

En Belgique, des milliers de nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chaque année. Pourtant, ce cancer se soigne bien lorsqu’il est détecté précocement. Malgré cela, la participation au dépistage (simple, gratuit et indolore) reste faible, particulièrement à Bruxelles où seuls 30,2 % du public cible y participent. À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande plus du double de participation. 

 

En mars 2026, les CPPS (chargé·es de projets en prévention et promotion de la santé) ont ciblé le quartier social-santé CO-CW-15 (Scherdemael et Bizet-Roue-CERIA) à Anderlecht pour déployer des actions de sensibilisation à l’importance et aux modalités du dépistage du cancer colorectal via le colotest. Ce dispositif gratuit s’adresse aux Bruxellois·es âgé·es de 50 à 74 ans en ordre de mutuelle. Cette campagne s’est inscrite au niveau du bassin, en continuité de la campagne régionale portée par Vivalis. 

 

Bien que la campagne se soit déroulée en mars, le colotest reste disponible toute l’année pour le public cible : il suffit de se rendre en pharmacie muni de son numéro de registre national. En collaboration avec les professionnels·les du social-santé (pharmaciens, Conseiller·es en Santé (CeS), Community Health Workers (CHW), entre autres), les CPPS ont mené plus d’une dizaine d’actions dans divers lieux : voir article de présentation de la campagne. 

 

Ils ont rencontré et discuté avec un public multiculturel de tous les âges. La majorité des personnes était curieuse et interpelée et s’est montrée très ouverte à la discussion, alors que le sujet reste délicat, intime et loin d’être facile à aborder. De manière surprenante, les personnes les plus intéressées étaient les proches du public cible. Ils ont posé davantage de questions et sont souvent restés plus longtemps en interaction avec les CPPS. En outre, les personnes âgées de moins de 50 ans et de plus de 74 ans se demandaient souvent pourquoi elles ne pouvaient pas bénéficier du programme des colotests. Elles ont été informées des critères de santé publique à ce sujet et ont été réorientées vers leur médecin généraliste pour discuter de la pertinence d’éventuels examens médicaux (analyse de selles et/ou colo(no)scopie). 

 

Avec le public cible, plusieurs freins au dépistage se sont vite dévoilés : 

  • la peur d’obtenir un résultat positif, 
  • la charge mentale de devoir se rendre à la pharmacie, réaliser le test chez soi, puis poster l’échantillon de selles dans une boite postale, 
  • la gêne liée à la manipulation de selles, 
  • la confusion entre colotest en colo(no)scopie, 
  • la croyance que “ça n’arrive qu’aux autres”, 
  • la fatalité, 
  • la difficulté d’oser parler d’un cancer mortel… 

 

Les CPPS ont adopté une posture d’écoute active tout en mettant en avant le fait que 9 tests sur 10 donnent un résultat négatif et que le but du dépistage est avant tout d’identifier la présence ou l’absence de saignement dans les selles. En cas de saignement, il ne s’agit pas forcément d’un cancer ; les personnes sont simplement invitées à réaliser des examens complémentaires. 

 

En outre, la population et les professionnel·les du terrain avaient généralement une méconnaissance du programme. Pour l’expliquer, des brochures explicatives en 8 langues (FR, NL, ENG, ES, AR, TU, RO et BU) réalisés par Vivalis et BruPrev ont été utilisées, surtout pour un public vulnérable ne maîtrisant pas bien les langues nationales, voire leur langue maternelle (public alpha), pour lequel des outils imagés seraient particulièrement utiles.  

 

Lors des sensibilisations, ont également été abordées des questions de santé globale, des facteurs protecteurs (une activité physique régulière et une alimentation riche en fibres) et aggravants (surpoids, alcool et tabac) en faisant attention à éviter la stigmatisation des modes de vie des interlocuteurs avec le risque de culpabilisation. Globalement, les participant·es n’étaient pas surpris de ces informations, ce qui constitue un signal plutôt positif. Sachant qu’une grande partie des risques de développer un cancer reste inconnue, l’accent a été mis davantage sur le dépistage précoce que sur l’adoption d’une meilleure hygiène de vie. 

 

L’année prochaine, en 2027, l’équipe de soutien et d’appui du Bassin Centre-Ouest poursuivra cette campagne en l’adaptant selon les enseignements tirés en 2026. Une attention particulière devra certainement être portée à l’adaptation des outils pour les publics ne sachant ni lire ni écrire. Il est également envisagé de renforcer et d’élargir la diffusion de la campagne auprès des acteurs du social-santé afin d’être coordonnés en mars et de relayer les mêmes messages auprès des bénéficiaires. De cette manière, ensemble avec les acteur·rices du Bassin Centre-Ouest, l’impact de la campagne de dépistage du cancer colorectal sera consolidé, ce qui devrait contribuer à augmenter la participation.  

 

Contactez-nous si vous souhaitez prendre part à l’édition 2027 !

 

 

 

 

 

 

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